Colloque FCPE 67 : le bilinguisme, enfin un vrai débat

Après le congrès départemental 2001 qui portait sur l’apprentissage des langues à l’école, la FCPE 67 organisait le 26 janvier 2002 à l’université Louis Pasteur un colloque sur le bilinguisme.

Le bilinguisme s’est mis en place sous sa forme paritaire (13 h d’enseignement en français et 13 h en allemand) qui a éclipsé tous les autres systèmes, et cela sans aucun débat. La FCPE respecte les choix de chacun, pour autant que ses valeurs soient respectées. Pourquoi le bilinguisme n’a-t-il pas fait l’objet d’une phase expérimentale, suivie d’un bilan, avant le déploiement ? Pourquoi l’obligation de l’allemand ?

Ce colloque doit être l’occasion de poser des questions, d’échanger sur le sujet, afin de permettre à la FCPE de définir sa politique en matière de bilinguisme.

Dans un premier temps, Isabelle Trabet (Commission Langues FCPE 67) fait la synthèse des travaux de la commission, et notamment de l’exploitation des questionnaires soumis aux parents (qu’ils aient ou non des enfants en site bilingue) et aux enseignants.

Puis Marc Munschy se fait porte parole des linguistes (les intervenants prévus s’étant malheureusement excusés) sur la problématique de l’enseignement d’une langue étrangère

Faride Hamana, secrétaire général de la FCPE nationale, donne la position de la fédération sur le sujet, en rappelant que si la FCPE est attachée à l’enseignement des langues régionales, il convient de respecter l’égalité de tous devant l’enseignement public et que les problèmes d’affectation de moyens doivent être discutés ; il pose également la question de la compétence linguistique des enseignants.

Michel Jacquot, Directeur d’école et représentant du syndicat UNSA, estime que l’enseignement des langues doit être un enseignement spécialisé, ce qui permet le choix de la langue pour les parents, et respecte l’intégrité du maître sur son métier fondamental.

Enfin, Jean-Christophe Colinet, Inspecteur pédagogique en allemand, évoque la filière bilingue en collège. Il se veut rassurant sur la connaissance des programmes par les élèves issus de sites bilingues paritaire. Quant au principe « une langue, un maître », il considère que s’il est important en petites sections, ce besoin s’assouplit ensuite.

Les participants au colloque, parents d’élèves et enseignants, posent de nombreuses questions et apportent leur témoignage. Un échange intéressant s’établit entre la salle et les intervenants pour donner corps à l’intitulé du colloque « bilinguisme, enfin un vrai débat ? »

L’article paru dans les DNA…

Bilinguisme : la contribution de la FCPE

Le débat sur le bilinguisme est loin d’être clos. La FCPE a apporté hier sa contribution en organisant un débat à Strasbourg.

La FCPE du Bas-Rhin se penche depuis deux ans sur la question du bilinguisme ,en Alsace. Ce travail, considérable, justifie peut être le titre ambitieux du colloque qu’elle a organisé hier « le bilinguisme, enfin un vrai débat ! ».
Introduite par Didier Kahn, président de la FCPE Alsace, la réflexion a démarré par l’analyse d’une enquête menée l’an dernier par la fédération dans le Bas-Rhin. Elle fait ressortir certaines inégalités engendrées au sein de l’école par le système bilingue paritaire (13 h de français- 13 h d’allemand).

La plus criante concerne les effectifs. Les classes paritaires scolarisent en moyenne 23,8 élèves, alors que la moyenne départemental de situe à 24,3. Le phénomène, sensible en élémentaire, résulte partiellement des abandons qui surviennent en cours de scolarité. « Statistiquement, une petite section paritaire de 30 élèves finit à 23 élèves au CM2 », note Isabelle Traband pour la fédération.

Faride Hamana, secrétaire général de la FCPE nationale, a donné la position de la fédération en la matière. « Nous sommes attachés à l’enseignement des langues régionales, mais dans le cadre de certains principes. » La FCPE refuse l’immersion (système Diwan), veut la liberté de choix des parents et l’égalité de tous devant le service public.

La langue régionale

Michel jacquot, directeur d’école, représentant de l’UNSA-Education, est revenu sur la convention qui lie l’État, la Région et les Départements. Dans ce projet, explique-t-il, on trouve à peine trace du dialecte : « La seule langue régionale digne d’être enseignée est l’allemand standard… » On a abandonné « l’idée d’une sauvegarde » de l’alsacien pour s’occuper seulement de « transmettre la langue du voisin ».

Jean-Christophe Colinet, inspecteur pédagogique régionale d’allemand, a cherché à calmer les craintes. En Alsace, le bilinguisme n’est pas communautaire, mais scolaire : il respecte les programmes français, y compris dans les matières enseignées en allemand. L’élève bilingue qui quitte l’académie ne sera donc pas perdu.

Le bilinguisme a de bons résultats, dit J.Ch. Colinet : « En 6e, les professeurs sont frappés par le rapport à la langue des enfants ». Il n’est pas besoin, pour réussir, d’évoluer dans un milieu germano-dialectophone : la majorité des élèves sont francophones.
M.S. Source : DNA du 27 janvier 2002